** Blog d'écriture **

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Votre lecture du jour, si vous daignez écouter le modeste conteur que je suis, a pour nom...


Texte écrit lors d’un atelier d’écriture en 2008 (c’est le dernier, promis...). Il fallait écrire une courte histoire en s’inspirant d’une carte postale choisie au hasard. La mienne représentait un couple dansant sur une plage, sous le regard d’un valet, un bel hôtel ou un manoir dans le fond de l’image...



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Je ne suis pas du même monde qu’eux, et pourtant…

Les grands de ce monde, l’élite de la société aime à se retrouver en des endroits qu’elle seule fréquente. Sur ces plages du Nord, où le temps, même quand il se met au beau, ne l’est jamais vraiment. Mais au moins, on y est loin de la populace, loin du menu fretin… Loin des gens comme moi…

Ici, sur les côtes sablonneuses du Sussex, se tenait le jubilé des époux Truc-ington, deux obscurs Lords dont la lignée se perdait pourtant dans les fondations des plus anciens manoirs de la côte. Deux nobliaux de province qui se plaisaient dans l’élégance surannée des fêtes de l’aristocratie du temps jadis : serveurs en livrée noire, luminaires ambrés, et robes longues et pâles venaient donner à cette fête le charme désuet d’une société morte depuis longtemps mais qui semble la seule à l’ignorer. Et dans ce décor digne d’un tableau impressionniste, on ne bougeait pas plus que les personnages d’un tableau impressionniste. On se parlait à peine, on se regardait à peine, on vivait à peine. On attendait que rien ne se passe.

Et rien ne se passa ainsi jusqu’au soir, jusqu’à ce que le soleil déclinant repeigne l’hôtel et la plage qui le bordait d’une teinte mordorée.

Jusqu’à ce qu’elle me remarque moi, le pauvre hère, seul sur le sable, observant ce spectacle luxueux avec un mélange de haine et d’envie. Jusqu’à ce qu’elle s’approche, sa servante sur ses talons.
Elle ne me demanda pas ce que je faisais là, pourquoi j’observais, et qui j’observais. Non, elle ne demanda rien. Elle affirma : « Je veux danser ».

J’eus beau chercher un moyen de désobéir à cet ordre impérieux, mon esprit fonctionnait au ralenti, trop absorbé par la contemplation du moindre repli du pourpre de sa robe, et du sable qui s’infiltrait entre ses pieds menus, et déchaussés. Elle n’accepta d’ailleurs aucune des excuses que je bredouillai, ni sur la pluie qui menaçait, ni sur mes vêtements élimés.

Ainsi, je me retrouvai bientôt vêtu comme un prince, d’un costume hors de prix apporté par un autre James (ou peut-être était-ce un Edouard) que ma belle avait fait mander.

Et je dansais, je dansais hors du temps et de l’espace, dans une scène irréelle, flanqué de deux serviteurs prêts à tout pour mon bonheur. Et avec à mon bras la plus belle femme de tous les royaumes.

« J’aime regarder la mer », me souffla-t-elle lors d’un de nos tourbillons.

« J’aime vous voir la regarder », lui soufflai-je à mon tour.

Je crois que c’est à cet instant que le temps suspendit sa course…

Quand Les Démons Peuplaient Les Contes ? Quésaco ? Le titre de ce blog évidemment ! Mais aussi les premiers mots de l'exergue de mon roman en gestation, "Les Anges d'Elanor". Des mots qui appartiennent à un antique chant de la terre d'Elanor, un chant que vous pouvez lire ici-même...


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Quand les Anges volaient libres...
Quand les Humains étaient leurs frères
Quand la sagesse emplissait les livres
Quand la vie emplissait les airs...

Quand les Démons peuplaient les contes...
Que les enfants les écoutaient tremblants
Quand les histoires parcouraient le monde
Et embellissaient en revenant...

Quand la Lune trônait au firmament...
Que, seule, elle déchirait les ténèbres
Qu'elle recevait nos prières, implorants
Qu'elle réconfortait nos êtres...

Et quand Elanor régnait souveraine...
Quand son regard embrassait la Terre
Quand des contrées de naguère elle était reine
Et quand jamais ne devait s'achever naguère...

Alors nous étions heureux
Alors nous étions à l'égal des Dieux

Mais quand les Anges furent enchaînés
Quand les Démons furent réveillés
Quand la Lune cessa de briller
Quand Elanor s'égara à jamais

Alors, bientôt, nous fûmes perdus
Alors le moment est venu...

Pour les Anges de se libérer
Pour les Démons de les affronter
Et pour moi, de la Lune, de les regarder
Pour les yeux d'Elanor se déchirer

Alors, enfin, l'avenir sera connu
Alors le moment est venu...


Premier chant du Récit des Merveilles d'Islena

Texte écrit lors d’un atelier d’écriture en 2008. Il devait s’inspirer de l’œuvre d’Edward Hopper “Chop Suey” (à voir ici) et d’un texte écrit préalablement par un autre participant sur cette même image. Le thème développé par le participant en question était l’homosexualité…


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Le tenancier avait remarqué les deux femmes dès l’instant où elles avaient franchi le seuil, attirant sur elles les regards de tous les mâles de l’assistance. Il faut dire qu’il était rare, en 1950, de voir deux femmes se rendre non accompagnées par un homme dans un café.

Et, Gérard, le patron, ne goûtait guère leur présence. Si c’était pour commander du thé, pourquoi diable ne s’étaient-elles pas rendues au salon de thé de la rue de la Libération ? Il tournait et retournait cette question dans son esprit.
Gérard avait participé à la guerre, le temps qu’elle avait duré, du moins. Et il avait vu les femmes gagner en pouvoir et en indépendance. Et voilà maintenant qu’elles investissaient le dernier lieu de liberté de l’homme moderne : le troquet ! Certes, ce n’était pas la première fois que des dames pénétraient ici. Mais celles-ci semblaient avoir un je-ne-sais-quoi de particulier. Peut-être était-ce leur teint blafard qui les rendait étrangement attirantes, peut-être était-ce leurs coiffures à la garçonne sous leurs bonnets de laine.

Gérard faillit même manquer la commande d’un pilier de comptoir à tant vouloir percer leur secret. Et soudain, en un instant, il comprit. Il avait suffi d’un frôlement de mains entre les deux femmes, d’un regard un peu appuyé. Etaient-elles… ? Se pouvait-il que… ? Et dans ce cas, qu’adviendrait-il de la réputation de son établissement si elles venaient à montrer d’autres marques d’affection ?

- Eh bien ! Tu ne sers pas nos clientes ?

Le mince filet de voix venait d’Eliane, la femme du patron, à qui ce dernier confia immédiatement ses tourments.

- Et alors ! Tu n’aimes pas les femmes toi aussi ? lui répondit-elle avec un sourire en coin.

Il n’y avait plus rien à dire. Gérard alla poser une théière et un sucrier à la table des deux mystérieuses créatures, avant de s’éloigner en silence.

*** Bienvenue sur QLDPLC ***

... ou "Quand Les Démons Peuplaient Les Contes" pour les moins intimes ! Ce site est consacré à mes courtes productions littéraires (contes et nouvelles, sagas, fanfics, chants et autres textes personnels)... à l'usage de qui voudra bien les lire ! Au fil des pages, vous pourrez découvrir des univers qui se conjuguent au présent, au passé ou au futur, dans notre monde ou dans d'autres et surtout en Elanor, mon univers fantasy... Bienvenue dans mon humble royaume !
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